dimanche 30 septembre 2018

La Coordination patriotique a implosé en plein vol au profit d'AGIR




[RésistanceS.be – Dimanche 30 septembre 2018, 21 h 57]



DOSSIER SPECIAL ÉLECTIONS 2018 (épisode 2/9) – Le mouvement Nation a tenté de rassembler autour de son sigle divers petits clans frontistes éparpillés en Wallonie. Sous le label d'une « Coordination patriotique ». L'opération d'union a fini par imploser en plein vol, bien avant son atterrissage prévu le 14 octobre prochain. Serait-ce au profit du « nouveau » parti AGIR ? – PETITE HISTOIRE D'UNE ÉNIÈME UNITÉ AVORTÉE.


Fondé par des dissidents et des exclus du Front Nouveau de Belgique (FNB), une scission du Front National belge (FN) apparue en 1995,Nation est un mouvement d'action et à vocation électorale. Composé notamment de skinheads NS, il existe depuis bientôt 20 ans. Présent à plusieurs élections, il n'a cependant jamais réussi à faire élire un seul de ses candidats. 


Une coordination patriotique pour récupérer « l’effet Le Pen »

Depuis l'interdiction de la « marque FN » dans notre pays
en 2012, suite aux poursuites judiciaires enclenchées par Marine Le Pen, ce mouvement « national-solidariste » tente de récupérer en Belgique francophone les électeurs orphelins du lepénisme.

Dans l'objectif de faire enfin élire ses premiers élus, Nation scande toujours à tue-tête qu'il est « 
la seule alternative, l'unique opposition » (sic) à la droite de la droite. Ce n'est évidemment pas le cas, comme le démontre notre dossier élections.

Néanmoins, dans le but de récupérer le 
leadershipde l'extrême droite, détenu de 1985 à 2012 par le Front national, le mouvement Nation initia la création d'une « Coordination patriotique », voici plus d'un an, dans le but de « présenter le plus grand nombre possible de listes aux élections communales ». Et empêcher la multiplication de la concurrence électorale divisant à chaque élection le vote protestataire, dont pourront ensemble profiter les identitaires et autres nationalistes qui composent la droite nationale radicale francophone.

Pour arriver à cette unité, Nation avance son ambition de récupérer chez nous « l'effet Marine Le Pen ». Comme l'a diffusé clairement son organe de presse. Extrait : « 
Le brillant résultat de Marine Le Pen [à l'élection présidentielle de 2017] ne peut que nous confirmer dans la volonté de faire en sorte que notre pays connaisse enfin lui aussi, une vague de votes patriotes ». Au profit de qui ? De Nation bien entendu...

C'est dans cette perspective que le mouvement identitaire anime toujours actuellement, sur le réseau social Facebook, le groupe « Les Belges aiment Marine Le Pen ». Avec pour leitmotiv : « 
Réveil patriotique en France : à quand en Belgique ? ».




Ralliements d'anciens membres du FN de Féret

Cette Coordination patriotique ne sera pour finir qu'éphémère. Dans un premier temps, Nation avait pu regrouper autour de lui l
e Parti des Pensionnés. Cette micro-formation électorale est alors active dans la région liégeoise. Autour de Joseph Franz, l'un des anciens leaders locaux du Front national belge, époque Daniel Féret, et spécialiste des va-et-vient, depuis les années 1970, entre les diverses chapelles extrémistes de droite.

Dès ses débuts, la Coordination patriotique se compose aussi d'un reliquat flamand, la 
Nieuw-Solidaristisch Alternatief (N-SA), groupuscule solidariste pur et dur conduit par Eddy Hermy, un ancien cadre de la milice néonazie Vlaamse militanten orde (VMO). L'ambition de cette coordination devait donc même prendre les allures d'une implantation nationale.


En juillet de l'année passée, le site de Nation annonce – comme de coutume dans une formulation fanfaronne propice à une mise en avant superficielle – l'adhésion à son initiative de rassemblement nationaliste d'un conseiller communal, Jacques Lespire. Elu à Dison en 2012, ce dernier provient du mouvement Wallonie d'abord. Après l'auto-dissolution de cette énième scission du FN,Jacques Lespire animera un nouveau groupuscule, Agir ensemble.

« Ce nouveau ralliement démontre que le processus lancé voici deux mois séduit de plus en plus de patriotes qui ont compris que s’ils voulaient être efficaces face aux pourris des partis traditionnels, ils devaient jouer ''collectif''. D’autres contacts sont déjà établis et d’autres personnes et groupes devraient bientôt rejoindre cette coordination », pouvait-on lire dans un communiqué de propagande de Nation.

Au sein de la Coordination patriotiq
ue, afin de garder leurs singularités, le groupe Agir ensemble de Jacques Lespire agira, avec le Parti des pensionnés de Joseph Franz, sous le nom de « On est chez nous ».



« Bon courage et bonne chance »

Nouvelle missive de Nation, un mois plus tard : « 
Notre coordination patriotique appelle une fois encore les autres groupements patriotiques à nous rejoindre au sein de ce qui n’est pas un parti unique mais bien une coordination permettant d’être plus efficace et de ne pas se marcher localement sur les pieds ». Précision : lors des élections communales et provinciales d'octobre 2018.

A ce sujet, un proche de Nation, Georges Hupin, le responsable de la « bannière wallonne » du « mouvement de résistance européenne » (sic) racialiste 
Terre & Peuple, laissera comme message sur son site : « Bon courage et bonne chance ». Et du courage et de la chance, Nation en aura bien besoin.

En janvier dernier, sa coordination est ralliée par les résidus de la Nouvelle Wallonie alternative (NWA), un des groupuscules issus, il y a six ans, de l'implosion complète du FN belge. Or cette nouvelle adhésion, présentée comme une réussite, servira à camoufler ensuite le départ des trois autres principaux piliers de la Coordination patriotique.


Les pensionnés passent ensemble à AGIR


Auto-présentée comme un grand rassemblement des forces identitaires et nationalistes en Belgique, cette coordination n'a tenu en place que quelques mois. Sous la forme d'un mic mac devenu ingérable, le soufflé s'est même très vite dégonflé.


La N-SA, partenaire historique de Nation en Flandre, a disparu de la circulation. Quant à Joseph Franz du Parti des pensionnés et Jacques Lespire d'Agir ensemble, ils ont quitté la Coordination patriotique à la veille du dépôt des listes électorales, il y a juste quelques jours. Avec un retournement de situation indéfectible de ce milieu politique : Franz et Lespire participeront certes aux élections, non pas pour le compte de Nation via sa coordination, mais bien pour celui d'AGIR !

Pour les scrutins du 14 octobre prochain, Franz et Lespire sont en effet, respectivement à Liège et à Dison, les têtes des listes d'AGIR, un nouveau parti politique, fondé en mars 2017 par le FN belge « canal historique ». Un concurrent – et un ennemi – du mouvement Nation. D'autant plus que le sigle AGIR en Wallonie fut porteur de succès électoraux dans les années 1990. Avec plusieurs élus communaux wallons et provinciaux, l'AGIR de l'époque deviendra le deuxième parti d'extrême droite le plus important, juste après le FN belge (voir l'article du journal RésistanceS.be : AGIR : le deuxième parti d'extrême droite francophone).

Pour sa part la NWA, le seul rallié resté fidèle à Nation - dans le cadre de sa Coordination patriotique - se présente aux élections avec lui, mais très affaibli. En été, son président, 
Salvatore Russo, dénonçait une « tentative de déstabilisation » fomentée par d'anciens militants. Résultat : la Nouvelle Wallonie alternative n'aura que quelques candidats à Charleroi, sur la liste portant le nom « NWA-Nation ».






Renversement de situation, nomadisme électoral ...

Résumons : à la veille des élections d'octobre, la Coordination patriotique de Nation ne se compose plus que de ses propres troupes et des restes du groupuscule NWA. Pire encore : ce n'est pas Nation qui a été capable 
in fine de rassembler les dernières forces en présence en Wallonie, pourtant son pari en vue des communales et provinciales de 2018, mais le « nouveau » parti AGIR.

Force est effectivement de constater que derrière ce sigle, le « canal historique » du Front national a été capable d'absorber le Parti des pensionnés (dans la région liégeoise), le groupe Agir ensemble (à Dison), le Parti wallon (implanté à La Louvière), des anciens de Wallonie d'abord et même une section quasi entière du Parti populaire de l'avocat d'affaires bruxellois Mischaël Modrikamen (dans le district d'Ath-Tournai-Mouscron).

Premier bilan, à la veille des élections à venir : dans le sud du pays, il existe deux pôles électoraux à la droite de la droite concurrents et hostiles, celui de Nation et celui conduit par AGIR.

Un constat qui n'e
st pas neuf : au sein des survivants de l'extrême droite francophone, qu'elle soit identitaire, solidariste ou nationaliste, par leurs divisions intrinsèques, la guerre des clans reste toujours au programme. Provoquant des zigzags idéologiques, des aller-retour claniques ainsi qu’un nomadisme électoral sans limites. Une situation donnant lieu à une réduction importante de l'offre d'extrême droite aux prochaines élections, alors même que celle-ci, avec Marine Le Pen en France, tout comme dans le reste de l'Europe, a le vent en poupe.




ALEXANDRE VICK

Journal RésistanceS.be





NOTRE DOSSIER SPÉCIAL ÉLECTIONS 2018


ÉPISODES DÉJÀ EN LIGNE






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DANS NOTRE DOSSIER SPÉCIAL ÉLECTIONS


  • Des listes d'extrême droite ! Où ?
    Tableaux comparatifs entre les élections communales de 2006, 2012 et 2018 (3/9)

  • Extrême(s) droite(s) francophone(s) : qui est qui ? (4/9)

  • 2012 – 2018 : qui n'est plus présent ? (5/9)

  • Les « identitaires » belges se revendiquent toujours de Marine Le Pen (6/9)

  • La « droite décomplexée » est-elle d'extrême droite ? (7/9)


  • Le Vlaams Belang quitte ou double (8/9)


  • Bilan des élections de 2018 pour la droite pure et dure (9/9)





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vendredi 28 septembre 2018

Destexhe invite Zemmour avec le soutien d'une revue d'extrême droite ?



[RésistanceS.be – Vendredi 28 septembre 2018 - Mis en ligne à 12 h 59 - Modif. : 16 h 00]

UN PARLEMENTAIRE LIBÉRAL DE PLUS EN PLUS A LA DROITE DE LA DROITE ? - Le journaliste français Eric Zemmour, connu pour ses sorties polémiques à propos de l'identité, sera une nouvelle fois à Bruxelles le lundi 8 octobre prochain. A l'invitation du sénateur MR Alain Destexhe, dans le cadre des activités du cercle franco-belge « Pol Vandromme », lieu de rencontre bruxellois navigant entre la droite traditionnelle et la droite ultra. Rencontre qui fera aussi la promotion d'Eléments pour la civilisation européenne, revue phare de l’extrême droite française - QUE VA FAIRE LE MR ?

Il y a quelques jours un vent favorable est parvenu au web-journal RésistanceS.be. Il s'agit de la transmission de la copie d'un e-mail envoyé par le sénateur Alain Destexhe du Mouvement réformateur (MR), le parti libéral du Premier ministre Charles Michel, à quelqu'uns de ses sympathisants.

S'adressant à ses « 
chers amis », dans sa missive datée du 21 septembre dernier, le politicien du MR annonce dès son début qu'il a« le plaisir de [les] inviter, en collaboration avec le Cercle Pol Vandromme, à une conférence d’Éric Zemmour qui viendra nous présenter son dernier livre Destin français », diffusé en cette rentrée littéraire française.






Ce n'est pas une première
, ni pour Zemmour ni pour Destexhe. Le premier était déjà venu à Bruxelles en juin 2013, présenter l'un de ses précédents ouvrages polémiques : « Le Bûcher des Vaniteux 2 », lors d'une conférence déjà organisée par le second, dans sa propre commune ixelloise.Il est prévu que la conférence du 8 octobre prochain d'Eric Zemmour, toujours sous l'égide d'Alain Destexhe, se tiendra à nouveau sur le territoire d’Ixelles, à 19 heures précises. Le lieu exact n'est pas encore dévoilé, sans doute pour des raisons de sécurité. Seules les personnes inscrites et ayant versé leur « participation aux frais », soit dix euros, ont reçu ce jeudi, « l'adresse de l'évènement par email ». Cent places sont disponibles.



Racines et identité nationale menacées


Alain Destexhe est une personnalité libéralqui n'est pas avare de controverses politiquesrécupérant avec complaisance et démagogie le verbatim cher aux tribuns en poupe sévissant en Europe, de Rome à Budapest, en passant par Varsovie, Paris, Anvers et Berlin. Tout comme son ami idéologique Eric Zemmour.

En gros, ces deux personnages de la scène politico-médiatique défendent les mêmes causes et s'attaquent à d'identiques cibles. Le retour et la défense de « nos racines » et de « notre identité nationale » sont au coeur de leur corpus idéologique.

Racines et identités menacées, selon eux, par le « mondialisme », la « gauche bien-pensante » et la « fausse droite », sous l'influence du « politiquement correct », du « prêt-à-penser », de la « pensée unique » et des « droits de l'hommisme ».Ici, le choix des mots est évidemment de nature doctrinale. Une bonne partie de ces termes ont été découverts, à partir des années 1970, dans les revues de ladite « Nouvelle Droite ». Sur cette droite, nous y reviendrons plus loin. 


Adulé par l'extrême droite « célinienne »

Pour cette fois, le sénateur du MR invite le publiciste Eric Zemmour dans le cadre des activités bruxelloises du Cercle Pol Vandromme. Fondé en avril 2016, sous la forme d'une asbl, ce cercle franco-belge - la plupart de ses responsables sont des expatriés français installés à Bruxelles - porte le nom d'un écrivain wallon, issudu « socialisme gestionnaire »qui sera par la suite particulièrement adulé par l'extrême droite intellectuelle, tendance « célinienne ».

Sous ses allures « bon chic bon genre », le cercle en question organise, dans un hôtel huppé ixellois, des conférences avec des orateurs français, toujours, bien marqués à la droite de la droite.

Citons 
par exemple : Pascal Gauchon, géopolitologue jadis membre du mouvement néofasciste Ordre Nouveau,Charles Beigbeder, entrepreneur et homme politique français proche de Marion Maréchal (ex-Le Pen),Robert Ménard, maire de Béziers élu avec le soutien du Front national (sur Ménard lire l'interview de RésistanceS.be avec le politologue Jean-Yves Camus)Bernard Lugan, historien africaniste fort apprécié par la droite musclée et ex-activiste du mouvement royaliste « Action française », fondé par le nationaliste antisémite Charles Maurras (sur ce théoricien voir le dossier de RésistanceS.be), Xavier Raufer, un criminologue qui milita au sein d'organisations néofascistes - Occident et Ordre Nouveau - déjà conférencier en 2010 à Bruxelles pour le Vlaams Belang (lire l'article de RésistanceS.be Le criminologue français Xavier Raufer invité de l'extrême droite flamandeet Patrick Buisson, autre historien dont le curriculum vitae idéologique est bien fourni, côté extrême droite : il fut l'un des boss du journal Minute et conseilla personnellement Jean-Marie Le Pen sur la stratégie de prise du pouvoir. C'est encore Buisson qui façonna, en 2007, le discours lepénisant de l'ex-président de la République Nicolas Sarkozy.



La défense de la civilisation européenne

Pour la nouvelle conférence d'Eric Zemmour à Bruxelles, les présents,une fois leur participation aux frais acquittée,recevront en cadeau« un exemplaire du magazine Eléments (6,90€) avec l'entretien exclusif d’Eric Zemmour », promet Alain Destexhe dans son invitation à ses « chers amis ». L'interview en question est au sommaire du numéro d'octobre de ce magazine, mentionné avec la reproduction de sa coverdans l'e-mail d'invitation du sénateur MR. Sans toutefois apporter une quelconque précision sur l'orientation politique de cette publication. Bonus pour les lecteurs de RésistanceS.be : voici donc quelques infos sur cette dernière.



Son véritable titre est : Éléments pour la civilisation européenne. Un article du journal RésistancesS.be à son sujet mentionnait qu'il s'agissait de « la revue du GRECE, c'est-à-dire le Groupement de recherche et d'études pour la Civilisation européenne (...), le pilier-fondateur, en 1969, de ladite ''Nouvelle Droite'', une initiative d'une des fractions nationalistes la plus radicale des années 1960 (elle avait notamment participé au soutien à l'OAS). But du groupement en question : dédiaboliser, par un travail ''méta-politique'', le mouvement d'extrême droite pro-européen ».

Depuis lors, le GRECE, à travers ses colloques et ses travaux idéologiques, a fourni à la plupart des partis d'extrême droite français - Parti des forces nouvelles, Front national, Mouvement national républicain, Parti de la France... - une bonne partie de leurs cadres-dirigeants. Une branche belge du GRECE fut également active dans notre pays dans les années 1980-1990. Elle était notamment composée de responsables du Parti des forces nouvelles et du Vlaams Blok.

Ouvrant ses colonnes à des auteurs de gauche ou apolitiques, dans une stratégie de constitution d'un front uni contre la dérive de la civilisation européenne et pour l'émergence d'une Europe impériale contre les dangers qui la menacent (mondialisme, immigration, impérialisme...), à la lecture de ses numéros, 
Éléments reste dans les rayons de la presse d'extrême droite.






Contre les diktats des « droits de l'hommisme »

Pour en revenir au Cercle Pol Vandromme, la première conférence en mai 2016 qu'il proposa à son public, parmi lequel se trouvaient des responsables du Vlaams Belang, dont son président Tom Van Grieken, avait pour orateu
r Alain de Benoist enpersonne, soit le dirigeant cofondateur du GRECE. Ancien militant d'Europe Action, un mouvement phare de l'extrême droite française, il y présenta son livre « Les droits de l'homme en questions ». Un sujet cible de la droite radicale.

Cette « Nouvelle Droite » estime effectivement que ces droits, qu'elle expose dans sa revue sous le vocable de « 
droits de l'hommisme », sont devenus, comme tous les « ismes », une véritable idéologie. Pire encore : la « nouvelle religion » du système, de plus en plus totalitaire, d'après la lecture politique bien particulière du GRECE. Dès lors, sous leur égide, toutes les libertés, individuelles et collectives, sont possibles. Contre l'identité ancestrale, l'égalitarisme est mis en avant comme un outil maléfique visant à faire disparaitre la civilisation européenne. Selon cette droite extrême, les droits de l'Homme détruisent les distinctions entre les hommes et les femmes, entre les nationaux et les immigrés, tout en permettant à l'islam d'envahir notre espace public.

Des angoisses partagées par Eric Zemmour, mais également par son pote bruxellois libéral, à en croire la lecture de ses écrits. Le 19 septembre dernier, sur son journal Facebook, le sénateur MR Alain Destexhe écrivait par exemple :

« 
Hier, la Belgique a été condamnée par la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) pour l’exclusion d’une femme voilée d’un tribunal. Ces ingérences répétées de la CEDH au nom de l’idéologie dans les décisions du Gouvernement et des tribunaux belges sont de plus en plus inacceptables. Interdire le port du voile sur le lieu de travail, dans les entreprises, dans les écoles, les administrations, dans les bureaux de vote ou les tribunaux n’est pas une violation des droits de l’homme ou de la femme. (...). Nous ne devons pas céder aux diktats des juges de la CEDH. ».



Que va faire le MR ?


Très vite après son entrée en politique dans les rangs du parti libéral, il y a plus de vingt ans, Alain Destexhe est devenu un habitué de propos polémiques, sur les plateaux télés ou dans ses livres. Il sera rapidement considéré comme borderline, y compris par d'autres membres du MR. Ce fut le cas en janvier 2012 quand le politicien libéral bruxellois avait fortement choqué par ses propos codés sur les « Norvégiens » (voir l'article du journal RésistanceS.beL’insécurité à Bruxelles des « Norvégiens » dénoncée par Destexhe).

Dans une interview accordée, en mai 2015, à l'hebdomadaire 
Le Vif / L'Express, l'humoriste belge Alex Vizorek affirmait avec justesse : « Destexhe a peut-être un rôle démocratique important qui consiste à récupérer, au sein d'un parti démocratique, tous les gens qui seraient prêts à partir vers l'extrême droite. ». Pour y parvenir ? Il faut caresser dans le sens du poil ces électeurs...

Avec la conférence d'Eric Zemmour qu'il organise dans onze jours à Bruxelles pour le compte du Cercle Pol Vandromme, avec une promotion manifeste de la revue 
Eléments pour la civilisation européenne du GRECE d'Alain de Benoist, c'est réellement la première fois qu'Alain Destexhe, s'affiche si près de l'extrême droite.

Quelle sera cette fois-ci la réaction de l'état-majeur du MR ? Le laisser-faire comme d'habitude, en émettant juste un rappel à l'ordre sur les valeurs humanistes du libéralisme ? La question qu'il faut se poser est aussi d'évaluer le rapport de force que bénéficie en interne Alain Destexhe. Y a-t-il de réels partisans qui soutiennent sa ligne 
idéologique dans les rangs libéraux ?  Si oui, seraient-ils prêts de faire front derrière lui pour la défendre ?

Bien suivi sur les réseaux sociaux, il n'est pas sûr que ses supporters ne soient que des encartés du MR. Avec ses propos 
borderline, Destexhe peut effectivement séduire au-delà du camp libéral. Son objectif certainement. 




MANUEL ABRAMOWICZ
JournalRésistanceS.be





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mercredi 26 septembre 2018

Une extrême droite réduite, toujours divisée et fragilisée

[RésistanceS.be – Mercredi 26 septembre 2018]


INTRODUCTION DU DOSSIER SPÉCIAL ÉLECTIONS 2018 (épisode 1/9) – Sur la base des résultats électoraux, en octobre 2012, le journal en ligne RésistanceS.be concluait son dossier sur les élections communales et provinciales ainsi : « L'extrême droite francophone très mal en point » (voir lien ci-dessous). Six ans plus tard, sa situation est encore plus négative. Si la demande chez les électeurs est plus forte que jamais en Europe pour les « populistes » xénophobes et autres « identitaires », l'offre de partis les représentant en Wallonie et à Bruxelles est exceptionnellement très divisée, rare, confuse et maigrichonne.

Le dimanche 14 octobre prochain, dans une vingtaine de communes de Wallonie et dans deux communes
bruxelloises, l'électeur tenté par le vote extrême, populiste, xénophobe, islamophobe, identitaire et nationaliste pourra exprimer sa rancoeur. Contre les migrants, les réfugiés, les islamistes, les politiciens, les gauchistes, les journalistes et bien d'autres présents sur les listes noires des dernières incarnations de l'extrême droite francophone.

Le web-journal RésistanceS.be, comme depuis sa création, il y a plus de 21 ans, vous propose, à nouveau, un « dossier spécial élections » en neuf épisodes.

A partir de la fin de ce mois de septembre et jusqu'à l'après élections, ce dossier sera alimenté par des articles décrivant dans le détail l'état des lieux de l'extrême droite francophone. Des extrêmes droites : AGIR, mouvement Nation, Nouvelle Wallonie alternative, Parti des pensionnés, Parti wallon, Agir ensemble, Démocratie nationale, Front wallon ...

Avec aussi un focus sur le nord du pays où le Vlaams Belang survit toujours dans l'ombre de la N-VA. Mais encore, avec un autre coup de projecteur sur les partis de la « droite décomplexée » (Parti populaire, Valeurs libérales citoyennes, La Droite ...) qui parfois s'adressent, en axant la pointe de leur curseur programmatique sur des thèmes chers aux populistes, tout comme certains candidats du MR, à l'électorat orphelin du Front national. Avec une question essentielle : sont-ils d'extrême droite ?


MANUEL ABRAMOWICZ
Journal RésistanceS.be




NOTRE DOSSIER SPÉCIAL ÉLECTIONS 2018


ÉPISODES DÉJÀ EN LIGNE



Introduction de notre dossier
Une extrême droite réduite, toujours divisée et fragilisée (1/9)



La Coordination patriotique a implosé en plein vol au profit d'AGIR (2/9)


Des listes d'extrême droite ! Où et combien le 14 octobre 2018 ? (3/9)

Extrême droite francophone : qui est qui ? (4/9)


Ils ne sont pas présents aux élections du 14 octobre 2018, pourquoi ? (5/9)



Des ex-frontistes belges se revendiquent toujours en octobre 2018 de Marine Le Pen (6/9)



La « droite décomplexée » est-elle d'extrême droite ? (7/9)





PROCHAINEMENT EN LIGNE

DANS NOTRE DOSSIER SP
ÉCIAL ÉLECTIONS







Le Vlaams Belang quitte ou double (8/9)



Bilan des élections de 2018 pour la droite pure et dure (9/9)




LES AUTRES DOSSIERS SPÉCIAUX ÉLECTIONS DE RESISTANCES.BE








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