Un journal engagé (aussi) sur le terrain

[RésistanceS.be – Dimanche 11 août 2019. Première publication in « LE JOURNAL de résistance(s) », n°1, mai-juin 2019, pages 30 et 31].

Commémoration du génocide des tutsis au Rwanda en 1994, le dimanche
7 avril 2019, devant le Palais de Justice de Bruxelles
© Photo RésistanceS.be – M. Abramowicz

BILAN – Il a été publié à la fin du n°1 de notre journal papier. Sous la forme d'un bilan des quatre premiers mois de l'année 2019. Au programme : articles, enquêtes journalistiques, mais également une formation et des participations militantes sur le terrain - D'ACTIVITÉS

Nous pouvons déjà mesurer notre impact au-delà des lignes de nos médias. Si nos articles et enquêtes d'investigation journalistique sont quasi systématiquement repris ou cités dans les grands médias d'information, ils sont aussi utilisés ailleurs. Ils servent par exemple de base à des enseignants pour aborder en classe, de manière pédagogique, ce qu'est l'extrême droite, la xénophobie, le racisme, l'antisémitisme, la musulmanophobie, la négrophobie, le nationalisme, le négationnisme ... 

Pour développer ces sujets dans leurs travaux et mémoires de fin d'études des étudiants se réfèrent également à nos écrits. Sans oublier, des femmes et des hommes engagés en politique qui dans les assemblées électives combattent de front les élus des partis liberticides, mais encore, force est de constater, leurs collègues officiellement « démocrates » qui - par soumission à l'ère populiste ambiant et le « tout-faire-machiavélique-pour-rester-au-pouvoir - s'adonnent à une surenchère avec l'extrême droite.
Exposé de l'historienne Marie-Thérèse Coenen du CARHOP lors de
la journée de formation «
 Comment organiser (et réussir)
nos manifestations ? », proposée et organisée le mercredi 6 mars 2019
par l'asbl RésistanceS
© Photo RésistanceS.be



Formation à la manifestation


Mais notre engagement va bien au-delà du journalisme d'investigation. Nos médias sont édités par l'asbl RésistanceS, un centre d'études et de formation pour l'action démocratique. Dans ce cadre, nous nous rendons régulièrement, depuis maintenant vingt-deux ans exactement, sur le terrain. Nous participons ainsi aux quatre coins du pays, y compris en Flandre, à des conférences-débats, à des interventions dans des écoles, à des formations institutionnelles, syndicales et associatives.

En cette moitié d'année, notre engagement sur le terrain est déjà plus que positif. Face à la mobilisation du Vlaams Belang et de ses organisations-soeurs lors de la « Marche contre le Pacte de Marrakech » où plus de 5.000 extrémistes racistes défilèrent, en décembre dernier dans les rues de la capitale, notre asbl a rapidement mis sur pied - sans aucun permanent payé et moyens - une journée de formation intitulée « Comment organiser (et réussir) nos manifestations ? ». Tenue le 6 mars dernier, dans un centre culturel flamand, elle a proposé cinq exposés qui ont été donnés par deux historiens du Centre d'animation et de recherche en Histoire ouvrière et populaire (CARHOP, du Mouvement ouvrier chrétien), deux anciens dirigeants de la délégation syndicale des Forges de Clabecq, un responsable du service d'ordre de l'Union syndicale Solidarité (France) et deux chargées de communication du Centre d'éducation populaire André Genot (CEPAG) et de la FGTB. Plus de vingt cadres et militants d'organisations de terrain ont suivi cette formation. Ils venaient de la Coordination et initiatives pour réfugiés et étrangers (CIRé), du Centre d'action laïque (CAL), d'un collectif de sans-papiers soutenu par l'association SOS Migrants, d'Écolo, du Mouvement Demain, d'Alternative libertaire et de l'Union des travailleur.se.s du sexe organisé.e.s pour l'indépendance (UTSOPI). Durant cette formation, BX1, la télé bruxelloise, est passée pour réaliser une séquence qui sera diffusée le soir même sur ses antennes. Cette formation s'est terminée par deux exercices pratiques : participer à deux manifestations.

Vendredi 8 mars 2019, Marche des femmes pour l'égalité
devant le Parlement européen de Bruxelles
© Photo RésistanceS.be – Manuel Abramowicz



Stop à l'extrême droitisation

Le vendredi 8 mars, nous étions présents à la Marche des femmes pour l'égalité, avec près de quinze milles femmes et hommes, de la gare Centrale, près de la Grand Place de Bruxelles, à la Place du Luxembourg, au pied du Parlement européen.

Le dimanche 24 mars suivant, RésistanceS, l'asbl saint-gilloise DécliK, l'association populaire forestoise Quartier sans racisme (QSR) et, renforcés par une dizaine d'Unionistes antifascistes, supporters de football de l'Union Saint-Gilloise (USG), se sont rendus à la manifestation « Stop racisme », au départ de la gare du Nord. Très animé avec détermination par les jeunes de DécliK (devenus maintenant des as dans l'animation d'une manif), ce cortège dynamique – défilant derrière notre calicot « Stop à l'extrême droitisation de la société » et avec nos drapeaux - a attiré à lui des personnes venues individuelles à ce rendez-vous désormais annuel de l'expression citoyenne contre le racisme. C'est notre cortège qui a fait l'ouverture du reportage du journal télévisé de la RTBF qui fut consacré à cette manif, en reprenant dans son commentaire d'ouverture notre slogan : « De la haine y'en a marre, des racistes y'en a marre, des fascistes y'en a marre, des terroristes y' en a marre... ».

Le dimanche 7 avril, nous étions à nouveau dans la rue pour participer à la commémoration du génocide des tutsis et des hutus démocrates au Rwanda, un défilé également 
contre son négationnisme. Depuis plus de vingt ans, RésistanceS s'est engagé, notamment avec Ibuka, l'association rwandaise de rescapés, dans le combat pour la mémoire de ce crime contre l'Humanité, commis en 1994 par un régime nationaliste et raciste.

Tête du cortège de RésistanceS à la Manif Stop racisme,
le 24 mars 2019 à Bruxelles © Photo RésistanceS.be - Théo Poelaert



Le lundi 22 avril, nous avons participé à Boortmeerbeek, une petite commune du Brabant flamand à l'hommage rendu à trois jeunes résistants bruxellois. En avril 1943, ils arrêtent le XXe Convoi de train parti de la Kazerne Dossin à Maline, en route vers le camps d'extermination nazi d'Auschwitz. Cette commémoration fut organisée par l'Union des anciens étudiants de l'Université Libre de Bruxelles (UAE-ULB) et l'Ordre Théodore Verhaegen. 

Le 1erMai, l'asbl RésistanceS tenait un stand à la Fête des Travailleurs de la FGTB bruxelloise, à la place Rouppe. Il y a vingt-deux ans, c'est lors de ce grand événement revendicatif que nous avons diffusé le premier numéro de notre journal papier.

 Commémoration à la Résistance antinazie de l'Union des
anciens étudiants de l'Université Libre de Bruxelles (UAE-ULB)
et l'Ordre Théodore Verhaegen © Photo RésistanceS.be - M. Abramowicz



Sur les traces de la Résistance

Renforcé par un nouveau souffle, notre programme pour les mois à venir est déjà bien rempli. Le 25 mai, notre premier Samedi de résistance(s) se déroulera au Théâtre de Poche. Organisé avec le Mouvement contre le racisme, l'antisémitisme et la xénophobie (MRAX), et le soutien d'associations et organisations de terrain, son affiche annonce une série de moments essentiels pour poursuivre tous ensemble la lutte pour la défense de nos libertés (
voir ici).

En septembre, notre première balade sur les traces de la Résistance à Bruxelles aura lieu. Une seconde, en vélo cette fois-ci, sera encore programmée avant la fin de l'été. Permettant aux résistants d'aujourd'hui d'être sur tous les fronts pour poursuivre tous ensemble le combat.LA RÉDACTION


L'article de RésistanceS.be que vous venez de lire a été publié une première fois dans notre périodique papier  « LE JOURNAL de résistance(s) », n°1, mai-juin 2019, pages 30 et 31.

© Article du journal en ligne RésistanceS.be|asbl RésistanceS|N° 478574442|Bruxelles|– Dimanche 11 août 2019. Première publicationin « LE JOURNAL de résistance(s) », n°1, mai-juin 2019, pages 30 et 31, périodique papier de notre web-journal| info@resistances.be | Archives (1997-2014) : www.resistances.be