mercredi 3 août 2016

L'auteur de la fusillade de Munich était bel et bien d'extême droite



[RésistanceS.be – Jeudi 28 juillet 2016]





RÉVÉLATION Vendredi dernier, un jeune allemand d'origine iranienne, Ali David Sonboly, abattait à l'arme à feu neuf personnes dans un restaurant rapide munichois. Très vite, la fusillade fut attribuée à trois terroristes islamistes. Mais aujourd'hui, l'enquête judiciaire confirme les premiers soupçons, partagés dès le soir de la fusillade par le journal RésistanceS.be. Le terroriste n'était pas un djihadiste mais un disciple d'Anders Breivik et un sympathisant d'extrême droite.



Moins d'une semaine après le massacre commis dans un restaurant rapide munichois, l'enquête menée par la police allemande démontre que l'appartenance idéologique de son auteur n'est pas « islamiste » mais plutôt liée à l'extrême droite raciste. Cette enquête apprend qu'Ali David Sonboly, jeune germano-iranien de 18 ans, se revendiquait doublement comme un « aryen » (une des origines indo-européennes des aryens se trouve dans l'Iran antique).

Le tueur partageait même des idées d'extrême droite bien ancrées et avait hurlé, après son massacre, et juste avant de se suicider, qu'il était « Allemand » et qu'il « détestait les étrangers ». Préparée depuis un an, son action terroriste s'est déroulée cinq ans, jour pour jour, après l'attentat contre le gouvernement norvégien et le massacre de jeunes militants socialistes par le terroriste Anders Breivik (77 morts).


Un obsédé d'Anders Breivik

Ce jeudi, le quotidien français Le Figaro est revenu en détail sur le tournant important de l'enquête sur le massacre de Munich.

Dans un article publié sur son site internet, Le Figaro note que « le jeune forcené germano-iranien [...] avait des idées d'extrême droite racistes, même s'il ne faisait pas partie d'un groupuscule de la mouvance, ont indiqué aujourd'hui les autorités locales. ». Rapportant les propos du ministre régional de l'Intérieur de Bavière, le journal Le Figaro informe à propos d'Ali David Sonboly : « Il y a des indices clairs qu'il avait dans ses pensées des sympathies allant dans cette direction [...]. La police avait indiqué dès ce week-end que le jeune homme [...] était obsédé par les tueries de masse et en particulier par celle commise par le Norvégien Anders Behring Breivik. Ce dernier avait abattu 77 personnes, des jeunes surtout, en 2011. ».

Le Figaro précise encore que « les neuf victimes étaient étrangères ou avaient une origine étrangère. Depuis, l'enquête a permis de trouver des éléments attestant des vues d'extrême droite du jeune homme, fils de demandeurs d'asile iranien et né en Allemagne. En particulier, il était fier d'être né un 20 avril (1998), le même jour qu'Adolf Hitler (1889). "Il y a des indices (...) montrant qu'il percevait cela comme quelque chose de positif pour son destin", a dit M. Herrmann. »

Au niveau de son « identité » aryenne, le journal français écrit : « 
Selon le quotidien ''Frankfurter Allgemeine Zeitung'', qui cite des sources policières, le jeune homme, Ali David Sonboly, se considérait comme "aryen", de part sa nationalité allemande mais aussi du fait de son origine iranienne. Les Aryens sont supposés avoir été à l'origine un peuple indo-européen, implanté dans l'Antiquité dans ce qui est aujourd'hui l'Iran. Les nazis ont détourné cette histoire en affirmant que les Aryens venaient d'Europe du Nord. »


Piste d'extrême droite évoquée par RésistanceS.be

Quelques heures seulement après la fusillade de Munich, une piste possible d'extrême droite avait déjà été évoquée par le journal RésistanceS.be sur son « groupe privé » Facebook, via une « dépêche » titrée « Fusillade à Munich : plusieurs hypothèses ». Alors qu'il était toujours question de trois tueurs, nous écrivions ceci : «
 La piste d'une attaque djihadiste est évoquée. Mais d'autres hypothèses sont également possibles, comme un braquage qui a mal tourné (les premiers tirs se sont produits dans un restaurant rapide, puis dans le centre commercial au moment de la fuite des auteurs des coups de feu) ou une action terroriste d'extrême droite.

Durant les faits, un des assaillants a crié « Je suis allemand ». La fusillade s'est produite, jour pour jour, cinq ans après la tuerie de masse commise par Anders Brievik en Norvège, un terroriste d'ultra droite agissant officiellement contre la "société multi-culturelle".

Ce soir à Munich, le corps sans vie d'un des assaillants de la fusillade a été retrouvé. Son identité pourra certainement mieux déterminer les raisons de cette tuerie. L'identité des personnes abattues aussi. A SUIVRE ! »






Complot pour écarter la piste islamiste

Dans la soirée et la nuit du 22 juillet dernier, sur Facebook des internautes, se prenant sans doute pour des experts en terrorisme, avaient fait de cette fusillade un nouveau attentat de l'organisation de l'État islamique, après celui commis une semaine auparavant à Nice.

Ensuite, quand le nom de l'auteur du massacre de Munich fut révélé, les tenants de la « thèse islamiste » feront d'Ali David Sonboly, certes avec beaucoup de confusion (notamment entre le sunnisme et le chiïsme), un disciple de Daesh (d'obédience sunnite). Pour renforcer leurs dires, les partisans de la thèse islamiste ont systématiquement évoqué l'origine iranienne du tueur, occultant sa nationalité allemande, et le nommait sans mentionner son second prénom (David). Ce qui n'est, ici, pas un hasard.

Sur Facebook, l'évocation de la « piste d'extrême droite » et le lien avec Anders Breivik émise, dès le soir du massacre par RésistanceS.be, a fortement été attaquée par les partisans de la « piste djiadiste. »

Un certain Edmund Dick (il s'agit d'un pseudonyme), dans un de ses nombreux commentaires postés, avait répondu ainsi : « 
En deux temps trois mouvements la piste musulmane est écartée et c'est la faute de l'extrême droite. ». Un autre facebookien (Roger DL) affirmera au sujet de notre hypothèse : « Non, le terrorisme aujourd'hui provient de l'Islam, rien que l'Islam à de rares exceptions près, le terrorisme nationaliste et indépendantiste du siècle passé est réduit à quasi plus rien. Le terrorisme d'extrême droite, le fait de quelques "loups solitaires", en fait surtout un en Europe, Breivik, ou de quelques groupuscules de quelques individus non structurés s'en prenant à des centres d'accueils de réfugiés en Allemagne. ». Un psychiatre bruxelllois très actif sur Facebook et adepte avoué des thèses conspirationnistes, Marc R., nous écrira ceci en réponse : « 5 ans après Breivik, donc Breivik est la cause; sûr... ».

Ce jeudi 28 juillet,
après les révélations sur l'admiration que portait Ali David Sonboly à Adolf Hitler, un certain Christophe H., toujours sur Facebook, suite à la piste d'extrême droite défendue par RésistanceS.be et pour justifier la piste islamiste, répondait par ce commentaire lapidaire: « Un "admirateur d'Hitler", comme le Grand Mufti de Jérusalem, où comme certains de ces gens qui vivent dans des pays où Mein Kampf est un best-seller ... ».





Une bonne leçon


Ceux qui rejettent la piste - aujourd'hui confirmée par l'enquête policière - d'un acte commis par un jeune disciple de l'extrême droite raciste se positionnent sur les « théories du complot ». Pour eux, les autorités politiques allemandes, avec la complicité de la police et des médias, cachent à la population la réelle identité du tueur : un Iranien musulman fanatisé.



Ce tournant décisif de l'enquête sur la fusillade de Munich devrait maintenant servir d'enseignement à ceux qui affirment trop rapidement, par un conditionnement pavlovien, que « tous les musulmans ne sont pas des terroristes, mais que tous les terroristes sont des musulmans »...



MANUEL ABRAMOWICZ
Rédaction de
RésistanceS.be





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Munich: le tueur avait des idées d'extrême droite> Article publié ce 28 juillet 2016 sur le site Internet du quotidien français Le Figaro.

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