mardi 3 novembre 2015

Réfugiés et salut nazi, l'extrême droite au galop !


[RésistanceS.be – Mardi 3 novembre 2015]

CHRONIQUE VIOLENCE POLITIQUE - Des activistes d'extrême droite se sont infiltrés parmi les habitants de Thy-le-Château (Walcourt) à l'occasion d'une séance d'information sur un centre d'accueil pour réfugiés. Pour le compte de leurs chefs (restés bien au chaud à Bruxelles), ils y ont joué les pyromanes. Résultat : une arrestation et des fichages. Les discours qui incitent à la haine conduisent souvent ensuite à des violences extrêmes. Comme en témoignent quelques récents « faits divers ».


Ce samedi 31 octobre, la presse a dénoncé le sale rôle joué par l'extrême droite, suite aux perturbations – préméditées, comme nous le verrons plus loin dans cet article - qui se sont produites, la veille dans la soirée, dans le petit village de Thy-le-Château, dans l’entité de Walcourt (dans le namurois), lors d'une séance d'informations destinée à ses habitants sur l'ouverture, dans cette commune wallonne, d'un centre d'hébergement pour demandeurs d'asile.

De multiples provocations visant à empêcher la séance communale de se dérouler normalement ont eu lieu. Les principaux auteurs de celles-ci sont des activistes de NATION. Un de ceux-ci a pour finir été expulsé de la salle, après son arrestation par la police. Le mouvement NATION est un groupuscule de tendance « national-solidariste », basé à Bruxelles et constitué de quelques militants aux allures de « NS » (nazi-skinheads), comme le journal RésistanceS.be l'a régulièrement révélé dans ses enquêtes journalistiques d'investigation inédites sur les « petits secrets » de l'extrême droite belge (lire notamment celle-ci : T-shirts Blood & Honour, autonomes nationaux-socialistes et Nation).

Image extraite du reportage télévisé de RTL-TVI à Thy-le-Château. Des activistes d'extrême droite
- portant le t-shirt de leur mouvement - avaient infiltré le public – Image : RTL-TVI.



Digne d'un strip-tease

Un reportage du journal télévisé de la RTBF (télévision publique belge francophone), passé mercredi soir dernier, consacré à une autre séance communale d'information, toujours dans l'entité de Walcourt, avait déjà démontré les arguments des plus faibles mis en avant par des citoyens hostiles à l'ouverture près de chez eux du centre d'accueil pour réfugiés.

Lors de ces deux rendez-vous citoyens d'informations organisés par les autorités communales et FEDASIL (le service fédéral en charge de l'accueil des demandeurs d'asile), des phobies infondées ont été exprimées. Comme l'a expliqué, avec ses mots, cette jeune habitante craignant de « rencontrer » un réfugié lors de son footing quotidien... Une séquence digne de « Strip-tease », l'émission culte et historique de la RTBF sur le quotidien de notre belgitude. Aujourd'hui, le témoigne de cette habitante fait le buzz sur les réseaux sociaux et ridiculise encore plus les racistes.

Un constat simple : ces citoyens en question sont imbibés de stéréotypes et d'intoxications diffusés lors de véritables campagnes de manipulation orchestrées le plus souvent par l'extrême droite, mais également par des politiciens opportunistes et populistes de partis traditionnels. Dont le seul objectif n'est pas de venir en aide aux gens, mais d'envenimer la situation à des fins politiciennes. L'augmentation des problèmes et des craintes est toujours bénéfique pour leur calcul politique.


Article publié ce samedi dans les journaux du groupe Sud Presse – Photo RésistanceS.be 



Violence endogène

Cette infiltration planifiée d'extrême droite du public - comme le prouve notre document publié à la fin de cet article - présent lors de ces séances d'informations communales relève d'un double danger.

  • Le premier danger
    I
    l pourrait avoir lieu durant la séance d'informations elle-même. Une présence d'extrémistes qui ne souhaitent que « foutre le b... » est nuisible à l'ordre public et à la sérénité des débats.


  • Le deuxième danger
    La diffusion de discours haineux de l'extrême droite pourrait ensuite conduire certains esprits faibles au passage à l'« action directe » d'un niveau supérieur. Les paroles racistes précèdent toujours la violence raciste.


Avec l'extrême droite, le naturel revient au galop, tant au niveau de sa forme - actes de violence, physique ou verbale - que de son fond - révélation de la véritable idéologie de cette famille politique -, comme l'a démontré ce samedi l'article publié dans les journaux du groupe Sud Presse (notre illustration ci-dessus).

Il faut savoir que des discours de haine ont, ici et là, poussé des membres ou de simples sympathisants d'extrême droite au passage à l'acte. L'actualité toute récente relate qu'en parallèle de campagnes politiques qui ciblent les migrants comme des profiteurs de notre système social, lancées par des partis ou des mouvements d'extrême droite, des délits ou des crimes, d'une hyper violence, ont ensuite été commis.



En juin dernier, à Bruxelles, après la tentative avortée de sabotage d'une manifestation autorisée de migrants, un SDF polonais a ainsi été tabassé devant le Parlement européen par plusieurs activistes du mouvement NATION (dont un de ses dirigeants). Lors de leur arrestation, deux policiers belges ont encore été sérieusement blessés. Les agresseurs de NATION sont actuellement jugés à Bruxelles (voir ici). Il y a quelques jours, le 22 octobre, c'est un jeune sympathisant d'extrême droite qui commit pour des raisons racistes deux assassinats dans une école de Trollhättan, dans le sud de la Suède. Cinq jours auparavant, à Cologne, la bourgmestre chrétienne-démocrate de cette ville allemande, était poignardée par un fou furieux ne supportant pas son discours de solidarité avec les réfugiés fuyant la guerre en Syrie.

Il ne s'agit ici que de trois exemples parmi une longue liste d'actes de délinquance et de criminalité commis par des disciples de l'ultra droite politique.



L'islamique à la une !
Pas l'extrême droite...

Depuis de très nombreuses années, le journal RésistanceS.be, spécialiste dans les révélations sur la partie immergée de l'extrême droite, signale – comme bien d'autres - que l'extrême droite porte aussi en elle des germes criminogènes.
Le journaliste et essayiste Jean-Paul Marthoz, dans sa chronique périodique publiée dans le quotidien belge Le Soir, pointait du doigt vendredi dernier (*), à propos des crimes de Cologne et de Trollhättan :

« 
Ces attaques à l’arme blanche auraient-elles eu le même traitement médiatique si elles avaient été commises par des combattants de l’Etat islamique [...]. Deux poids deux mesures devant des actes barbares ? Sans doute. L’Europe sous-estime à ses risques et périls l’agitation qui règne dans les bas-fonds de son extrême droite. A force de ne s’intéresser qu’aux partis nationaux-populistes ''dédiabolisés'' qui les défient sur les plateaux télévisés et chipent leurs électeurs, les grands partis démocratiques européens semblent détourner le regard de ces groupuscules et de ces individus radicalisés, qui se greffent sur la montée en puissance de l’extrême droite parlementaire. [...] »

Jean-Paul Marthoz précisait alors :
«
 Jamais les circonstances n’ont été aussi propices à la droite la plus radicale. L’arrivée chaotique de centaines de milliers de candidats réfugiés et de migrants sert à propager leurs dénonciations de ''l’invasion et l’islamisation de l’Europe''. »

Pour le chroniqueur du
Soir, les derniers auteurs de délits et de crimes racistes (dont le terroriste norvégien Anders Behring Breivik, voir sur celui-ci l'article de RésistanceS.be : Attentats d'extrême droite d'Oslo : qui sont les responsables ?) ne sont pas des « loups solitaires ». Jean-Paul Marthoz écrit :

« Ces personnages ''isolés'' évoluent dans des réseaux, des toiles d’araignée, qui n’ont d’informel ou de virtuel que le nom. Ils font partie d’une meute globale reliée sur Internet où se croisent, s’échangent et se renforcent les mêmes théories raciales, les mêmes visions apocalyptiques, les mêmes fascinations pour la violence extrême. Cette ''Toile brune'', comme l’appelle le journaliste norvégien Oyvind Strommen, est aussi dangereuse et aussi (mal) fréquentée que le Deep Web du cyber-djihadisme où les islamistes radicaux partagent leurs informations et leurs hallucinations. »

Sa conclusion :
« 
Les radicalismes d’extrême droite et islamiste se nourrissent en effet l’un de l’autre. Ils sont des frères jumeaux. ''Le souverainisme haineux équivaut au djihadisme'', notait récemment le sociologue Alain Touraine. Ils ont en commun la déraison, le complotisme, le nombrilisme identitaire et des comportements de sauvageon. Tous deux, ils expriment, pour paraphraser Raymond Aron, ''la barbarie qui demeure sous la mince pellicule de la civilisation''. Pour les démocraties, ils constituent des menaces qui exigent une même attention médiatique, politique et judiciaire. »

ALEXANDRE VICK
Membre de la rédaction de
RésistanceS.be





(*) « Rassurez-vous, ce n’est qu’un néo-nazi! », chronique de Jean-Paul Marthoz du vendredi 30 octobre 2015, page 22, publiée dans le quotidien belge Le Soir.



> ACTION PRÉMÉDITÉE DE NATION 

Ci-contre, notre document prouve que sur Facebook, un membre de NATION annonçait son arrivée à la séance d'informations organisée vendredi dernier par les autorités communales de Walcourt. La preuve que ce mouvement d'extrême droite y était présent dans un but de manipulation. Par ailleurs, le même individu fait partie des « NS » (nazi-skins) de NATION et est connu pour sa participation à des actions musclées de ce mouvement « national-solidariste ». Notamment avec plusieurs des inculpés du procès en cours devant le tribunal correctionnel de Bruxelles pour la ratonnade commise en juin dernier contre un SDF polonais et les coups portés contre des policiers belges.


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