dimanche 25 octobre 2015

Pour camoufler ses incompétences, Marine Le Pen refuse le débat


[RésistanceS.be – Jeudi 22 octobre 2015]


Fachos oh oh oh ... menteurs ! Trois heures avant sa diffusion en direct, la présidente du Front national a annulé sa cinquième présence - ce jeudi soir - à « Des paroles et des actes » sur France 2. Stratégie bien huilée ou aveu de faiblesse ? RésistanceS.be vous propose cinq évidences pour conclure cette séquence importante de l'hyper-médiatisation dont profite – depuis les années 1990 - le FN.


Marine Le Pen est déjà passée quatre fois à l'émission politique phare de la chaine
publique France 2. Une médiatisation à outrance selon ses détracteurs.


La présence annoncée pour ce jeudi 22 octobre, depuis plusieurs semaines, de Marine Le Pen, la présidente du parti d'extrême droite français Front national (FN), à l'émission de débat politique « Des paroles et des actes » (DPDA) était au coeur d'une vive polémique. Au début de ce mois, un article de l'hebdomadaire L'Obs (anciennement Le Nouvel Observateur) avait dévoilé les coulisses de l'organisation de l'émission en question. En y révélant, notamment, les exigences et les interdits imposés par la patronne du FN à France 2 comme conditions préalables à sa participation à cette émission (*). Dans ce domaine, Marine Le Pen est en position de force : elle est une « bonne cliente » de la télé puisqu'elle assure un taux d'audience élevé à celle qui l'invite.

Sous ses conditions, cette star de l'audimat pouvait s'assurer un scénario d'émission en sa faveur. DPDA avait été calibrée comme son parti le désirait. Quasi selon ses volontés. Permettant à la présidente de la formation d'extrême droite une tribune médiatique sans réelle opposition à ses actes et ses paroles (ce que réfutera David Pujadas, le journaliste vedette du rendez-vous politique périodique de France 2, dans un droit de réponse envoyé à L'Obs). Cela était sans compter sur une plainte déposée in extremis par le Parti socialiste (PS) et Les Républicains (LR) devant le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA). Le CSA donna raison aux deux plaignants et imposa à France 2 un débat contradictoire sur les élections régionales à venir, entre Marine Le Pen et ses deux principaux concurrents (du PS et du parti LR) dans le Nord-Pas-de-Calais où – parachutée depuis Paris - elle conduit la liste frontiste pour ce scrutin. Considéré comme l'antichambre de la prochaine élection présidentielle.


Les vraies raisons de ce refus

C'est pour ce motif que la patronne du FN a pris la décision, trois heures avant la diffusion en direct de l'émission DPDA, de ne plus y participer. En dénonçant bien entendu une mascarade fomentée par « l'UMPS » contre elle et son parti. Avec cette annulation, cinq évidences peuvent être dévoilées :

  • Première évidence

    Marine Le Pen refuse la confrontation directe.

  • Deuxième évidence
    
Ce refus démontrerait son incapacité d'apporter la controverse par manque de connaissance des réalités de la région où elle s'est parachutée par calcul politique dans l'objectif de se créer un bastion électoral en vue de la présidentielle de 2017.

  • Troisième évidence

    Ses incompétences révélées sur un plateau de télévision démontreraient à l'opinion publique que l'extrême droite – dont elle est actuellement l'illustre représentante – avance toujours masquée. Pour y parvenir, dans une manoeuvre de diversion, elle utilise abondamment le mensonge et l'intoxication. Les partis politiques d'ultra droite sont des pervers narcissiques qui font de la « manipulation des foules » leur principal moyen pour gagner aux élections (comme l'avait déjà analysé en 1933 avec détails le psychiatre autrichien Wilhelm Reich dans son ouvrage de référence « La psychologie de masse du fascisme »).

  • Quatrième évidence

    L'extrême droite n'a aucune solution aux problèmes du peuple.

  • Cinquième évidence

    L'extrême droite est donc une arnaque politique !

Le passage en revue de ces cinq évidences démontre que le refus de Marine Le Pen de se présenter sur le plateau de l'émission DPDA est donc une bonne nouvelle pour celles et ceux qui luttent au quotidien contre l'extrême droite.

Cette désertion devrait être exploitée, sur le terrain, pour expliquer aux électeurs des FN et autres Vlaams Belang leurs incompétences endogènes. Le nationalisme de l'ultra droite n'est pas une solution. Il est un problème supplémentaire pour les victimes des crises qui traversent nos sociétés.


MANUEL ABRAMOWICZ
avec SIMON HARYS
Membres de la rédaction de RésistanceS.be




(*) « ''Des paroles et des actes'' : quand Marine Le Pen impose ses conditions », article de Sylvain Courage, publié dans la version papier et numérique de l'hebdomadaire français L'Obs, 7 octobre 2015.

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