samedi 15 août 2015

Les liens du Vlaams Belang avec l'islam pro-iranien



[Première publication de cet article : dimanche 29 mars 2015]


INFO-EXCLUSIVE - Après le président syrien, le Vlaams Belang rencontre un leader libanais islamiste pro-iranien

Le leader du Vlaams Belang Filp Dewinter avec Nabih Berri, le président du parlement libanais et chef du mouvement islamiste Amal - Photo : DR

Une délégation du parti d'extrême droite flamand Vlaams Belang, conduite par son chef charismatique, le député anversois Filip Dewinter, a rencontré au Liban, ce vendredi, Nabih Berri. Il s'agit du président du parlement libanais, mais également du chef du mouvement Amal (Afwâju l-muqâwamati l-lubnâniya, en français : Détachements libanais de la résistance). Islamiste chiite, Amal fut l'une des plus importantes milices para-militaires durant la guerre civile libanaise.

Son hégémonie dans les années 1980 a été rendue possible grâce au soutien financier reçu de la République islamique d'Iran. Depuis 2006, le mouvement Amal s'est rapproché du Hezbollah, le « Parti de Dieu » libanais, devenu maintenant l'allié principal et le plus puissant de l'Iran et de la Syrie au Proche-Orient.


Reçu par le président syrien

Cette rencontre entre la délégation du Vlaams Belang et le chef du mouvement islamiste libanais Amal s'est déroulée dans le cadre d'un déplacement politique du VB en Syrie, à l'invitation de son gouvernement, pour y soutenir le régime de Bachar el-Assad. Avant de rencontrer Nabih Berri, le président syrien en personne avait reçu en audience privée, mercredi dernier, Filip Dewinter.

Cette délégation belge d'extrême droite en déplacement en Syrie et au Liban, était composée, outre de Dewinter, de deux autres parlementaires du Vlaams Belang, le député fédéral Jan Penris et la sénatrice Anke Van dermeersch, mais aussi de Marco Santi. Ce dernier est le responsable du micro-parti francophone « Démocratie nationale », l'un des successeurs du Front national belge, disparu en avril 2012. Santi est aussi le responsable de « Faire place Nette » (FpN), une structure francophone soutenue, à la fois par le Vlaams Belang et Jean-Marie Le Pen, le président d'honneur du FN français de Marine Le Pen. Présent dans la circonscription de Hainaut aux élections législatives de mai dernier, le FpN était arrivé, en deuxième position, avec plus de 2 % (derrière Debout les Belges, le parti du député fédéral sortant Laurent Louis, plus de 3 %), en tête des formations d'extrême droite francophones.



Leader anti-Islam en Europe

Fidèle à la stratégie de « nationalistes de tous les pays unissez-vous, mais chacun chez soi », le Vlaams Belang, en Flandre, détient le leadership des campagnes de dénonciation de « l'islamisation de la société ».

Son leader, Filip Dewinter, est également celui d'un réseau européen anti-Islam regroupant plusieurs mouvements français, allemands et belges d'extrême droite. En Europe, les populations musulmanes, ciblées par cette mouvance nationaliste européenne, sont majoritairement de confession sunnite. Ce qui n'est pas le cas des alliés arabes du Vlaams Belang qui sont eux chiites. Les frères ennemis des sunnites. L'alliance du VB avec les musulmans libanais et syriens serait donc des plus objectives.

SIMON HARYS


> Sur cette photo, prise au Liban ce vendredi, de gauche à droite : la sénatrice Anke Van dermeersch (Vlaams Belang), Marco Santi (ancien dirigeant du Front national belge), l'américain Richard Hines (consultant politique et dirigeant de RTH consulting], le président du parlement libanais et chef du mouvement islamiste Amal Nabih Berri et Filp Dewinter (Vlaams Belang) - Photo : DR

 >  Marco Santi (ex-FN belge) et Nabih Berri - Photo : DR


>  La délégation belge d'extrême droite au cours d'un diner organisé à l'occasion de son déplacement au Liban - Photo : DR